Pauline Lavogez.

Paris, le 06/20

@paulinelavogez

https://paulinelavogez.com

Les violences qui m’entourent, qu’elles soient verbales, physiques, psychologiques, sociales, économiques, sexuelles, sont souvent invisibles, répétées, et tues. Ces violences me touchent, m’ébranlent, que j’en sois victime, actrice ou spectatrice. Il est certainement plus facile de garder des œillères que de prendre la parole pour s’interposer, pour dénoncer. Mais je ne peux pas ne pas voir. Je ne peux pas ne pas réagir. Je ne peux pas nier l’existence de ces violences intimes, cela reviendrait pour moi à m’y associer. Ces violences, j’ai choisi de les combattre. 

J’ai voulu à travers De la douceur créer une situation d’intimité et décomposer les gestes ambivalents de la relation lorsque celle-ci amène accoutumance, peine et douleur. Cherchant à déconstruire la mécanique de l’emprise pour tenter de montrer ce que l’on ne voit pas à l’œil nu ; j’ai souhaité mettre en évidence les fils tendus par la situation de domination, les fils qui se resserrent sur la victime, les fils qui emprisonnent et imposent l’acceptation. 

Crédit photos : Roman Benbihy ©

Par le dispositif scénographique de cette chorégraphie, j’ai décalé le regard des spectateur.trice.s afin qu’ils puissent être les témoins actifs de ces cruels instants d’intimité où la toile se resserre sur la victime. Cette intimité qui n’est pas la leur fait resurgir en eux des situations vécues ou connues et questionne le pouvoir et/ou la complicité et/ou la responsabilité de chacun.e. La lenteur, la caresse et la proximité des corps de De la douceur sont les trois armes qui m’ont permises de construire une nouvelle technique de combat contre les violences intimes. Technique que nous souhaitons partager avec vous. 

Crédit photos : Roman Benbihy ©

The violence that surrounds me, be it verbal, physical, psychological, social, economic or sexual, is often invisible, repeated, and kills. This violence touches me, shakes me, whether I am a victim, an actress or a spectator. It is certainly easier to keep blinders on than to speak out and denounce. But I can't not see. I cannot not react. I cannot deny the existence of this intimate violence, it would be like associating myself with it. I have chosen to fight this violence. 

I wanted to create a situation of intimacy and to break down the ambivalent gestures of the relationship when this one brings addiction, pain and sorrow. Seeking to deconstruct the mechanics of the hold in order to try to show what we cannot see with the naked eye; I wanted to highlight the threads stretched by the situation of domination, the threads that tighten on the victim, the threads that imprison and impose acceptance. 

Crédit photos : Olivier Montay  ©

Crédit photos : Roman Benbihy ©

Through the scenographic device of this choreography, I shifted the spectators' gaze so that they could be active witnesses of these cruel moments of intimacy when the canvas tightens on the victim. This intimacy, which is not theirs, makes them reappear in them situations they have experienced or known and questions the power and/or complicity and/or responsibility of each person. The slowness, the caress and the proximity of the bodies of De la douceur are the three weapons that allowed me to build a new technique of fight against intimate violence. Technique that we wish to share with you. 

Pauline  Lavogez

Crédit photos : Roman Benbihy ©

Crédit photos : Roman Benbihy ©

Crédit photos : Roman Benbihy ©

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