Camille Sauer.

Paris, 11/19  

@camillesauerart

https://www.camillesauer.com

L’image en société est problématique. Les images s’accumulent, elles trompent, elles jouent et sèment la confusion dans les esprits des gens. De ce constat, il m’a semblé essentiel de créer un système d’expression permettant d’interférer avec cette réalité culturelle. Il est question d’être au monde par l’inscription. J’ai donc crée un alphabet. L’origine de cet alphabet est issue de la théorie de Kandinsky sur les formes simples. Depuis l’origine du monde, l’Homme s’inscrit dans les formes simples qui l’entourent (cercle, triangle, carré / point, ligne, plan) pour organiser son existence. Elles constituent à elles seules la réalité du monde dans lequel on évolue. J’ai ainsi recensé l’ensemble des dynamiques naturelles et artificielles existantes au sein du monde et qui nous déterminaient. Cela permettant de voir le monde avec clarté et de ce fait, d’apprendre à l’exprimer avec agilité en gagnant du temps de pensée. L’alphabet possède 36 caractères formels. Tous liés par la même volonté, celle de celui/celle qui décide de les combiner ensemble pour dire. Chaque phrase, chaque combinaison donne à voir une architecture de la pensée et du raisonnement. On aditionne les formes simples pour dire. On construit pour dénoncer. On répond aux images par les formes de son esprit.

 

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

Nowadays, images in society are problematic. They accumulate, they cheat, they play and confuse people's minds. From this observation, it seemed essential to me to create a system of expression that would allow us to interfere with this cultural reality. It is about being in the world through registration. So I created an alphabet. The origin of this alphabet comes from Kandinsky's theory of simple forms. Since the origin of the world, Man has been inscribed in the simple forms that surround him (circle, triangle, square / point, line, plane) to organize his existence. They alone constitute the reality of the world in which we live. I have thus identified all the natural and artificial dynamics that exist in the world and that determine us. This makes it possible to see the world clearly and thus to learn to express it with agility by saving time for thinking. The alphabet has 36 formal characters. All bound by the same will, that of the one who decides to combine them together to say. Each sentence, each combination shows an architecture of thought and reasoning. We add the simple forms to say. We build to denounce. We respond to images with the shapes of our minds.
 

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

Photographer review:

L’intervention de Camille Sauer à Malakoff en mars 2019 dans le cadre du projet Pariétisme aura une nouvelle fois été enrichissante pour le photographe, dans son approche de l’événement, tant d’un point de vue technique qu’artistique. 

J’avais été informé des conditions dans lesquelles l’oeuvre de l’artiste serait réalisée quelques jours plus tôt, en proche banlieue parisienne : les conditions n’étaient pas les plus faciles :  de nuit, sur un panneau d’affichage en Plexiglas, sur une place passante. Le reportage photographique devait également faire l’objet d’une publication dans une revue, ce qui naturellement demandait une qualité d’image optimale.

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

Sur l’objet du reportage, il s’agissait de suivre la manifestation de l’artiste dans l’environnement urbain, en réponse au conflit des images. C’était une première pour moi. J’avais anticipé en me procurant deux flashs, pour combler le manque de lumière que je pressentais à cet endroit de Malakoff. Il faudrait également gérer les reflets sur la vitre en Plexiglas. Finalement, je demandais à deux amis photographes de m’assister sur ce reportage. La phase préparatoire a donc été importante, l’artiste m’ayant aussi envoyé au préalable plusieurs photographies de l’endroit où elle prévoyait de réaliser son oeuvre. 

 

Nous nous sommes d’abord retrouvés dans son atelier et avons découvert l’oeuvre servant de support à la manifestation dans l’espace urbain. Un moment de prise de conscience, d’interrogation, d’autant que les oeuvres de Camille Sauer, que j’ai appris à mieux connaitre depuis, poussent toujours à une réflexion avancée, une étude attentive des signes et de leurs dispositions pour comprendre le message qu’elle fait habilement passer. 

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

Puis, le temps de l’intervention. Un climat un peu anxieux pèse, c’est une première pour nous tous dans ce genre de travail. L’artiste va vite, nous évitons au maximum de la déranger dans son action. Elle est concentrée, se sent surement observée, et sait qu’elle est en train d’enfreindre la loi, ce qui ne la rassure probablement pas. Pour nous photographes, il nous faut saisir chaque instant. Les affiches s’accumulent sur le panneau, le message commence à se dévoiler progressivement, mais nous savons que, visibles, à tout moment nous pouvons être arrêtés. Les flashs nous livrent aux yeux de tous alors que nous cherchons à rester le plus discret, mais finalement peu d’entre eux viennent à notre rencontre, et l’ensemble se déroule sans ombrage.

 

Pour le photographe, cette expérience aura donc été intéressante d’un point de vue artistique, en devant comprendre l’oeuvre, le message de l’artiste et sa démarche avant de la photographier. Puis l’instant de la prise de vue, où tout va vite, même si les conditions favorables nous ont cette fois laissé le temps d’utiliser nos flashs, et d’arriver à des images satisfaisantes. Nous avons même pu faire poser l’artiste devant sa réalisation, de manière plus détendue, avant de revenir à l’atelier.

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

Dès le lendemain, les affiches disposées sur le panneau étaient enlevées. Le moment de rencontre avec le public a été très bref, seuls quelques passants qui ne se sont pas arrêtés devant l’oeuvre étant de sortie à cette heure. La confrontation du public avec cette manifestation interviendra dans un second temps, par le reportage photographique. Malgré une faible discrétion de notre part, nous avons réussi à mener le reportage jusqu’au bout, ce qui n’a pas toujours été le cas lors d’autres interventions non déclarés dans l’espace public.

 

Corentin Schimel 

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

Camille Sauer's intervention in Malakoff in March 2019 as part of the Parietism project has once again have been enriching for the photographer, in his approach to the event, both from a technical and artistic point of view. 

 

I had been informed of the conditions under which the artist's work would be performed a few days earlier, in the suburbs of Paris: the conditions were not the easiest: at night, on a billboard in Plexiglas, on a busy square. The photographic report also had to be published in a magazine, which of course required optimal image quality.

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

On the subject of the report, it was to follow the manifestation of the artist in the urban environment, in response to the conflict of images. It was a first for me. I had anticipated by obtaining two flashes, to fill the lack of light that I felt at this place of Malakoff. The reflections on the Plexiglas glass should also be managed. Finally, I asked two photographer friends to assist me on this report. The preparatory phase was therefore important, the artist having also sent me several photographs of the place where she planned to make her work. 

 

We first met in her workshop and discovered the work that supports the event in the urban space. A moment of awareness, of questioning, especially since the works of Camille Sauer, whom I have come to know better since, always push for an advanced reflection, a careful study of the signs and their disposition to understand the message which she skilfully passes. 

Crédit photos : Corentin SCHIMEL ©

Then, the time of the intervention. A climate of anxiety weighs, it is a first for all of us in this kind of work. The artist goes fast, we avoid as much as possible to disturb her in her action. She is focused, probably feels observed, and knows that she is breaking the law, which probably does not reassure her. For us photographers, we need to capture every moment. Posters accumulate on the sign, the message begins to reveal itself gradually, but we know that, visible, at any time we can be stopped. The flashes deliver us in the eyes of all as we seek to remain the most discreet, but ultimately few of them come to meet us, and the whole takes place without shading.

 

For the photographer, this experience has been interesting from an artistic point of view, having to understand the work, the artist's message and his approach before photographing it. Then the moment of shooting, where everything goes fast, even if the favorable conditions have this time given us time to use our flashes, and arrive at satisfactory images. We were even able to get the artist to pose in front of his creation, in a more relaxed way, before returning to the studio. 

 

The next day, the posters on the sign were removed. The moment of meeting with the public was very brief, only a few passers-by who did not stop in front of the work being out at this time. The public's confrontation with this event will take place in a second phase, through photographic reporting. Despite our lack of discretion, we were able to carry the report to the end, which has not always been the case in other undeclared interventions in the public space.

 

Corentin Schimel 

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